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Lune des dimensions les plus intéressantes dans lunivers de la dégustation des bières ou du vin, est le préjugé positif que nous accordons aux produits. Tous les auteurs qui se mouillent dans les évaluations accordent à lobjet de leurs observations une valeur positive. Le pire malheur qui peut arriver est daccorder, exceptionnellement, la note zéro. Au pire, elle nest pas mauvaise. Les choses sont passablement plus intéressantes dans le monde des accords bières-fromages où certains mariages sont vraiment désastreux.
Daprès les experts que jécoute, il ny a rien de plus naturel que dassocier le vin au fromage. Comme dans toute passion gastronomique, je crois plutôt que le naturel est senvoyer en lair avec les mets qui exitent notre libido gustative. Un jour, un passionné de chocolat nous offrira des soirées du genre chocolat-moutarde et nous convaincra de la quintessence de certaines associations subliminales...
Les accords bières-fromages soulèvent des passions qui prennent naissances dans lorigine des civilisations, rien de moins ! Lorsque nous considérons lhistoire de ces deux aliments, nous constatons leurs complémentarités originelles.... et surtout comment les similitudes qui les rapprochent parachève les différences qui les distinguent! (ou serait-ce le contraire?). Les deux sont plus anciens que lécriture et sont intextricablement emboités dans le dévelopement de lhumanité. Au niveau linguistique, constatons que le fromage est du genre masculin alors que la bière est féminin(e?). Lun est liquide tandis que lautre est solide... Ils sont destinés à se donner rancart sous les voutes de notre palais gustatif et se rejoignent à lunisson dans nos profondeurs intestinales.. Les accortes bières fromages; le Yin et le yang de nos papilles?
Le fromage est à la bière ce que lhomme est à la femme et vice-versa. Lunion soulève ainsi des questions fondamentales: sera-t-elle consommée? Divorceront-ils? Comment généraliser les conseils dassociation? Comme dans la constitution des couples, deux vérités en apparence contradictoires sappliquent: «les contraires sattirent» et «qui se ressemble sassemble». Ces deux paramètres conduisent à la formulation dune règle bien simple: la force du fromage doit être dosée à celle de la bière. Dans le cas dune dominance, il est préférable de choisir une bière plus forte. Ce qui, le cas échéant, nous éloigne de lobjet fondamental des épousailles: trouver lorgasme palatal ou encore découvrir une expérience orgasmoleptique (jinvente le terme qui, dans les circonstances, me semble être un besoin de la langue française: avec et sans jeu de mots). Ces quelques règles connaissent un nombre incroyable dexceptions et lespace de cette chronique nous empêche de les énumérer ici.
Enfin, pour faire une application pratique, pour poursuivre lanalogie, nous savons tous quil existe des hommes et des femmes dites «faciles». Certaines bières savent mettre en valeur une grande majorité de fromages (on parle ici de «derrière tout grand homme, se cache une femme»), tandis que linverse est aussi vrai: il existe des fromages qui soulignent les qualités dun grand nombre de bières (se cacherait-il un homme derrière toute grande femme?). Des exemples: les pale ales et les triples sont des femmes à la personnalité aisée.... Tandis que le cheddar vieilli est un homme généreux. Des vieux garçons égoïstes: les Brie, qui ne semblent saccommoder que des pilseners dorigines et les lagers blondes. Mais la plupart du temps, à linstar de la vie, on rencontre surtout des couples plus ou moins assortis qui offrent des émotions plus ou moins intenses mais qui sont quand même dagréables compagnies. En dautres mots, la plupart des fromages se marient adéquatement à la majorité des bières.
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